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Wij erven de Aarde niet van onze voorouders. Wij lenen haar van onze kinderen.

Native Amerikaanse spreekwoord

Ze hebben gezegd !


2 septembre 2002 : séance plénière du sommet de Johannesburg sur le développement durable.

Discours de Jacques CHIRAC :

“ Notre maison brûle et nous regardons ailleurs. La nature, mutilée, surexploitée, ne parvient plus à se reconstituer et nous refusons de l’admettre. L’humanité souffre. Elle souffre de mal-développement, au Nord comme au Sud, et nous sommes indifférents. La Terre et l’humanité sont en périls et nous en sommes tous responsables.

Nous ne pourrons pas dire que nous ne savions pas! Prenons garde que le XXIème siècle ne devienne pas, pour les générations futures, celui d’un crime de l’humanité contre la vie. Notre responsabilité collective est engagée. Responsabilité première des pays développés. Première par l’histoire, première par la puissance, première par le niveau de leurs consommations. Si l’humanité entière se comportait comme les pays du Nord, il faudrait deux planètes supplémentaires pour faire face à nos besoins.

Au regard de l’histoire de la vie sur Terre, celle de l’humanité commence à peine. Et pourtant, la voici déjà, par la faute de l’Homme, menaçante pour la nature et donc elle-même menacée. L’Homme, pointe avancée de l’évolution, peut-il devenir l’ennemi de la vie ? Et c’est le risque qu’aujourd’hui nous courons, par égoïsme ou par aveuglement. Le moment est venu pour l’humanité de nouer avec la nature un lien nouveau, un lien de respect et d’harmonie, et donc d’apprendre à maîtriser la puissance et les appétits de l’Homme.“

3 priorités :

  1. L’action contre le changement climatique.
  2. L’éradication de la pauvreté.
  3. Protection de la diversité aussi bien biologique que culturelle.

Il faut une Charte de l’Environnement adossée à la Charte des Droits de l’Homme.

La protection de l’environnement deviendra un intérêt supérieur qui s’imposera aux lois ordinaires. Il faut un changement d’état d’esprit au sein de toutes les administrations de l’Etat. Il faut un changement de méthode de gouvernement. Il n’y aura pas de développement durable tant qu’on se contentera de surajouter une pincée de protection de la nature aux autres politiques publiques, politiques industrielle, agricole, des transports, de l’équipement. Tant que l’on aura pas compris cette exigence, on pourra sans doute continuer à parler d’environnement, mais on ne pourra pas parler de développement durable.”

Nicolas Hulot

La vie sur Terre ne tient qu’à la fragile atmosphère (si notre planète avait la taille d’une orange, l’épaisseur de l’atmosphère serait à peu près celle de son papier d’emballage), ce bouclier de quelques kilomètres d’épaisseur qui nous protège des météorites, filtre les rayons ultraviolets du Soleil, absorbe la chaleur et stabilise la température de la planète,  et que nous attaquons au marteau-piqueur avec des gaz qui modifient de manière brutale ses subtils équilibres. Pour résoudre le problème de réchauffement climatique directement lié à l’effet de serre, il nous faudrait diviser par quatre nos actuelles émissions de gaz.

Or ces émissions ne cessent de croître! Ainsi courrons-nous vers un abîme que nous avons nous-mêmes creusé.Le sort de l’homme est en jeu, et seuls les naïfs peuvent refuser cette terrible réalité. Alors persuadons-nous avec des actes et non des paroles, sauvons ce qui peut encore l’être, préparons l’avenir. Faisons passer le citoyen de consommateur à consomm’acteur. 

Il ne faut pas nécessairement consommer moins mais consommer mieux. Il faut établir une relation entre nos gestes quotidiens et le sort de la planète. Personne n’a de solution globale mais tout le monde en détient une parcelle.

Hubert Reeves :

Avant d’être un chercheur en astrophysique, je suis un habitant de la terre et un citoyen du monde. J’ai aussi des enfants, des petits-enfants, et des êtres qui me sont chers.

Or je suis extrêmement préoccupé par l’avenir de l’homme sur notre planète. La vie a mis des milliards d’années à se développer pour aboutir à cette extraordinaire merveille qu’est le cerveau humain. Une fabuleuse odyssée cosmique qui pourrait fort bien prendre fin par notre faute.

Notre planète est bien mal en point. La nature ne fait pas de cadeau. Aucune espèce n’est à l’abri de l’extinction. Des millions d’espèces sont nées, ont vécu et ont disparu de la planète depuis les débuts de la vie terrestre.

La vie a continué sans elles.

Le critère de permanence est simple : survivent les espèces qui établissent un rapport harmonieux avec leur environnement, avec l’écosystème où elles sont inscrites. Il faut un bon rapport d’échange : DONNER ET RECEVOIR

Selon ce critère d’harmonie avec la biosphère, nous sommes nettement au dernier rang du palmarès. On peut dire avec raison que la Terre est infestée d’êtres humains.

La menace la plus importante, c’est le méthane. Le permafrost couvre d’immenses régions des hautes latitudes (Sibérie, Canada) dont le sous-sol est gelé en permanence : l’été ne dure pas assez longtemps pour le faire fondre. De gigantesques quantités de méthane sont séquestrées dans les mailles cristallines de la glace. Or ce méthane est un gaz à effet de serre plusieurs dizaines de fois plus efficace que la CO² pour réchauffer l’atmosphère. Libéré par la fonte accélérée du permafrost, sous l’effet du réchauffement climatique, il pourrait apporter une contribution majeure et provoquer , en association avec le CO² et la vapeur d’eau, un emballement du système jusqu’à atteindre des températures très élevées.

IPCC (International Panel on Climate Change) = Commission des Nations Unies sur les changement climatiques:

Le réchauffement des cinquante dernières années est dû à l’activité humaine.

La température moyenne de la Terre (14 degrés) s’est accrue de presque un degré depuis le début du XXème siècle (13,84 ° en 1950 à 14,4° en 2001 et le phénomène va en s’accélérant : les dix années les plus chaudes depuis 1867 sont postérieures à 1980 ; 2003 fut l’année la plus chaude depuis le début des études sur le climat).

Les estimations vont de 1,5 à 5 degrés en plus pour la fin du XXIème siècle.

La situation est si fortement dégradée que, même si on parvenait à limiter rapidement et suffisamment les émissions de CO², il faudrait plus d'un siècle pour arrêter le réchauffement.

Une différence de quelques degrés n’est pas un changement mineur. Lors de la dernière glaciation (qui a pris fin il y a à peine 10.000 ans), avec 4 à 5 degrés en moins, le niveau  de la mer avait baissé de 120 mètres environ (on passait à pied entre la France et l’Angleterre). L’Europe du Nord était recouverte de glaciers de plusieurs kilomètres d’épaisseur, comme le Groenland et l’Antarctique aujourd’hui.

Aujourd’hui la terre et la mer ne parviennent qu’à absorber la moitié des émissions de CO².

Pour arrêter l’augmentation du CO² dans l’atmosphère, il faudrait le réduire de plus de la moitié et revenir au niveau de 1935. C’est seulement à cette condition que nous pourrons stabiliser la température. Or l’objectif des accords de Kyoto est de réduire de seulement 6% ces émissions, et cet objectif est bien loi d’être acquis.

Kofi Annan

Protéger l’environnement coûte cher. Ne rien faire coûtera beaucoup plus cher.

Jean Rostand :

La science a fait de nous des dieux avant de faire de nous des hommes .

Antoine de Saint-Exupéry :

Dans la vie il n’y a pas de solutions. Il y a des forces en marche : il faut les créer et les solutions suivent.

René Dubos :

Il faut penser globalement et agir localement .

Ghandi :

La nature, c’est la partie visible du jardin de Dieu.

Gorbatchev  :

Quand les citoyens pensent, le parlement commence à penser. Malheureusement, les citoyens ne pensent sans doute pas encore assez.

Proverbe amérindien :

Nous n’héritons pas de la terre de nos parents, nous l’empruntons à nos enfants.

Michel Serres :

Le droit de symbiose se définit par réciprocité. Autant la nature donne à l’homme, autant celui-ci doit rendre à celle-là devenue sujet de droit.

Sagesse des Lakota (peuple indien massacré au 19ème siècle) :

Le cœur de l’homme éloigné de la nature devient dur .

Darwin :

Une espèce qui n’a plus le choix d’adaptation est vouée à disparaître.

Nicolas Hulot :

L’homme est un être étrange. Il n’hésite pas à investir des sommes colossales pour mettre au point des techniques de clonage, il vibre d’émotion à l’idée que peut-être une forme très embryonnaire de vie a existé il y a plusieurs millions d’années sur Mars, et soyez assurés qu’un original qui se mettrait en tête de refaire un mammouth grâce à je ne sais quel prodige scientifique serait universellement applaudi. Mais ce même homme n’a pas un regard pour ce qui meurt près de lui. 

Léonard de Vinci :

Celui qui ne respecte pas la vie ne la mérite pas.

Le botaniste Edward Wilson :

L’extinction des organismes vivants est le dégât biologique le plus important de notre époque car il est totalement irréversible. Chaque pays possède trois formes de richesses : ses ressources matérielles , culturelles et biologiques.

Les animaux et les végétaux sont une partie de l’héritage d’un pays, le résultat de millions d’années d’évolution en un endroit précis. Leur valeur est au moins égale à celle de la langue ou de la culture. Or nos sociétés négligent de façon dramatiques les ressources biologiques.

Sagesse africaine :

Vous les occidentaux vous avez l’heure, mais vous n’avez jamais le temps.

Dominique Belpomme, cancérologue dans son livre « Ces maladies créées par l’homme. »

Le cancer est une maladie que notre société fabrique de toutes pièces qui est en grande partie induite par la pollution de notre environnement. Chaque année 150.000 personnes meurent du cancer en France ; 30.000 de ces décès sont dus au tabac.
Et les autres ? Pourquoi cette maladie, quasi inconnue dans l’Antiquité ne cesse d’enfler depuis 30 ans ? Pourquoi se développe-t-elle plus dans les pays industrialisés que dans les pays pauvres ?

Réponse : Parce que la pollution augmente et que 80 % des cancers sont causés par la dégradation de notre environnement. Ecologie et santé, environnement et cancer sont liés. Si on veut couper le mal à sa racine c’est sur l’environnement qu’il faut agir en évitant la pollution.

Nicolas HULOT :

La catastrophe écologique qui se dresse devant nous n’est pas égale à la somme de ces multiples dysfonctionnements ; ils ne forment que la pointe visible de l’iceberg vers lequel notre navire file à toute vapeur. Cette catastrophe porte un nom : le réchauffement climatique provoqué par les gaz à effet de serre. Les transports sont la première cause d’émission de ces gaz, l’agriculture le second. Les pôles fondent et les spécialistes prévoient l’amplification des extrêmes.

Les étés seront de plus en plus chauds, les précipitations de plus en plus fortes, les cyclones de plus en plus violents. Ensuite, les effets s’amplifieront en cascade, avec des conséquences en partie inconnues mais suffisamment  dramatiques pour poser dès maintenant la question de la survie de l’espèce humaine sur Terre. Pour respecter la capacité naturelle de stockage des gaz et rééquilibrer l’atmosphère, il nous faudrait diviser par quatre nos émissions de gaz à effet de serre.

Les accords de Kyoto auxquels n’adhèrent pas tous les pays, prévoient de ramener les émissions à leur niveau de 1990 et n’abordent ainsi que 5% du problème… Plus nous attendons, plus il sera dur d’agir : les changements que nous n’aurons pas su opérer, la planète s’en chargera elle-même. Des mécanismes régulateurs se mettront en place, sans l’homme et probablement contre lui.

L’homme a connu trois blessures narcissiques :

- la première lui a été infligée par Copernic, qui lui a démontré qu’il n’était pas le centre de l’univers,
- la seconde par Darwin qui lui a expliqué qu’il n’avait pas fait l’objet d’une création séparée du reste de la   nature,
- la troisième par Freud qui lui révélait être largement dominé par ses pulsions.

Voici venu le temps de la quatrième blessure narcissique, celle qui lui fait prendre conscience qu’il est son pire ennemi et qu’il lui faut passer de toute urgence un nouveau pacte humain, naturel, qui poserait comme priorité l’urgence de se reconstruire collectivement et non plus s’autodétruire. L’heure n’est plus aux questions ni aux bilans, elle est au changement de cap immédiat.

Hubert Reeves
Conclusion de son livre « Le Mal de terre »

Une question fondamentale se pose de façon de plus en plus pressante : la crise planétaire contemporaine prendra-t-elle fin grâce à l’action déterminée des Terriens ou par leur disparition ?
La balle est encore (mais pour combien de temps ?) dans notre camp.

William Carlos Willams (1883-1963)

L’homme a survécu jusqu’ici parce qu’il était trop ignorant pour pouvoir réaliser ses désirs. Maintenant qu’il peut les réaliser, il doit les changer, ou périr.

Amin Maalouf (Le dérèglement du monde-2009)

A l’étape actuelle de son évolution, l’humanité est confrontée à de nouveaux périls, sans équivalents dans l’Histoire, et qui exigent des solutions globales inédites ; si celles-ci n’étaient pas trouvées dans un proche avenir, rien de ce qui fait la grandeur et la beauté de notre civilisation ne pourra être préservé.

Nul n’a aujourd’hui le droit moral, et nul n’aura demain la capacité effective de priver l’accession, dans les grandes nations d’Asie, de centaines de millions de personnes à un mode de consommation dont elles étaient aujourd’hui exclues. A moins de ramener par des tyrannies sanglantes et absurdes ces peuples vers la pauvreté et la servitude, comment pourrait on les empêcher de faire ce que , depuis des décennies, on les invite à faire : travailler mieux, gagner plus d’argent, améliorer leurs conditions de vie, et consommer, consommer, consommer.

Comment se comporterait telle ou telle nation si ses espoirs de développement économique connaissaient un freinage brutal ? A quels bouleversements sociaux, à quels égarements idéologiques ou politiques, à quelles diversions guerrières conduirait une telle frustration ?
Mais lorsque trois ou quatre milliards d’humains se mettront à consommer, par tête d’habitant, autant que les Européens ou les Japonais, sans parler des Américains, il va de soi que l’on assistera à des dérèglements majeurs, tant écologiques qu’économiques.

Ai-je besoin d’ajouter que ce que j’évoque ici, ce n’est pas l’avenir lointain, mais l’avenir immédiat, et même quasiment le présent.